Jacques Brotchi

Plus de 200 diplômés en kiné sans numéro Inami !

Ils sont deux cent un exactement. Kinésithérapeutes diplômés, sortis des promotions 2010 et 2011, ils se retrouveront en 2012 dans l'impossibilité d'exercer en tant qu'indépendants.

Côté francophone, le secteur connaît, pour la deuxième année consécutive, une situation chaotique, humainement catastrophique pour les intéressés.

Le sénateur Jacques Brotchi (MR) interpellait jeudi la ministre de la Santé, Laurette Onkelinx (PS), sur ce dossier.

Un vieil "outil"

Depuis 2010, un concours au sortir des études délivre un numéro Inami (permettant le remboursement et le tiers payant) pour la pratique de la kinésithérapie en tant qu'indépendant.

Cet équivalent du numerus clausus existe depuis 2005 mais il n'a été utilisé que depuis 2010, au moment où le nombre de prétendants a dépassé les quotas fixés.

En 2010, ils étaient déjà nonante-neuf à être restés sur le carreau, bien qu'ils aient leur diplôme en poche. Les actions menées en justice à l'époque avaient conduit au gel du dossier et ces personnes avaient reçu un « numéro Inami provisoire », qui fut prolongé jusqu'au 31 décembre 2011, l'espoir étant toujours qu'on abandonne le concours.

Jacques Brotchi dénonce cette situation. « Il faut planifier ce secteur, mais avec une vision précise du marché. Or, il n'existe aucun cadastre de l'activité des kinésithérapeutes. On peut faire un parallèle avec les médecins. On dispose aujourd'hui d'un cadastre pour les généralistes, on attend toujours pour les médecins spécialisés… » A partir de ces données objectives pourraient être clairement établis les besoins pour les cabinets indépendants comme pour les hôpitaux.
Autre inconnue : la proportion de kinés (dont les Français rentrés au pays) qui n'utiliseront pas leur numéro Inami.

Un cadastre, au plus vite

Le 29 octobre 2011, une deuxième édition du concours a été organisée, regroupant les promotions des deux dernières années (ceux de 2010, recalés au concours, ayant eu la possibilité de se représenter). Sur les 464 concourants, 263 ont obtenu le sésame. « Il y a donc 201 diplômés sans possibilité d'exercer en indépendant. Dont certains avaient reçu, en 2010, un numéro provisoire, prolongé jusqu'au 31 décembre 2011, et qui ont investi une année, et de l'argent, dans leur activité professionnelle. Que vont-ils devenir ? »

Brotchi demande donc qu'un cadastre soit établi au plus vite, qu'on supprime le concours, qu'on instaure un examen d'entrée après analyse objective des besoins et qu'on règle le cas des 201 kinés laissés pour compte.
Interpellée au Sénat, Onkelinx a mis en avant les avancées coulées dans la déclaration gouvernementale : une suppression du concours, conditionnée à une concertation avec les Communautés et en respectant les recommandations de la Commission de planification.

Le 18 mai 2010 (quelques jours après la chute du gouvernement, ce qui a gelé le dossier), cette Commission avait remis un avis fixant des conditions : l'élaboration d'un cadastre (lancé depuis la mise en place du gouvernement) ; définir avec les Communautés des sous-quotas par secteurs d'activités ; l'organisation, par les Communautés, d'une épreuve d'orientation obligatoire avant ou pendant les études en kiné. Mais aucune solution ne s'est dégagée pour les 201 cas problématiques et il n'y aura pas de prolongation des numéros provisoires.

Onkelinx a peu apprécié l'intervention du partenaire de majorité (au fédéral mais dans l'opposition à la Communauté), qui pointe, lui, la responsabilité, au niveau de la Communauté, du ministre PS Jean-Claude Marcourt (en charge de l'enseignement supérieur).

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